L'Homophobie en France perdure ...
Ce matin, je suis allé raccompagner mon chouchou à Gare de Lyon qui prenait vers 09h son train pour rentrer en Suisse. Etant arrivés avec un peu d’avance, nous profitons de ce petit laps de temps pour quelques petits baisers discrets tout en nous prenant dans les bras.
Au même moment passe dans un petit camion bleu, deux agents qui semblent travailler pour Wagon Lit, d’ailleurs ceci me sera confirmé plus tard.
Je vous plante le décor si vous connaissez Gare de Lyon ! Manu et moi étions sur le quai entre la voie A et la voie C et le camion passait entre la voie A et le bâtiment se trouvant sur le côté des voix en Lettres.
Le camion s’arrête à notre hauteur et au moment où l’on esquisse un baiser, nous entendons comme un grand grognement suivi d’un « Vous avez pas honte ». Sur le moment nous ne faisons pas vraiment attention et continuons à nous parler et gentiment nous bécoter ! Les grognements reprennent de plus belle, ainsi que des sifflets et aussi quelques termes peu courtois.
Et voici donc que nous nous retrouvons sous le feu de quolibets de deux imbéciles, qui, plutôt que de faire leur boulot, se sont arrêtés, devant nous, afin de manifester leur haine à notre endroit. Or, jusqu'à preuve du contraire, il n’existe aucune loi en France interdisant deux personnes de même sexe à s’embrasser dans la rue en public, ou dans un lieu public. Aussi, ne trouvant pas que nous nous exhibons particulièrement, sachant d’autant plus, que sur la ligne Paris Genève ou Paris Lausanne nous sommes souvent proches d’autres couples gays qui se quittent pour la semaine, et ne voyons pas pourquoi nous devrions nous sentir gênés, nous décidons d’en rajouter une couche.
Leur désagréables propos reprennent de plus belles avec des « C’est dégeulasse », « Foutez le camp d’ici » et d’autres choses sans doute que mes chastes oreilles n’ont pas souhaités entendre.
Voyant que ce manège perdure depuis plus de cinq minutes et espérant avoir enfin un soupçon d’intimité avant que le train ne démarre, nous décidons de ne pas en rester là ! Aussi je note sur mon carnet le numéro des deux caisses que ces deux énergumènes transportent, me disant que cela pourrait toujours nous servir au titre d’information.
Puis comme ceux-ci recommencent à nous prendre à partie, je ressors mon carnet et leur fait bien comprendre que j’ai un moyen de savoir qui ils sont et il aura fallu que Manu et moi répliquions aussi par la voix en leur disant entre autre que leur attitude ne serait pas sans suite, pour que ceux-ci se décident enfin à redémarrer leur camion et s’éloigner de nous !
Nous étions enfin débarrassés de ces deux lourdauds, mais non moins toujours sous le choc d’avoir été un peu malmené et aussi un choc d’étonnement, combien je ne pensais pas qu’il était encore possible d’avoir à faire à des personnes aussi haineuses à l’encontre des homosexuels, qui plus est, à l’encontre d’usagers dans une gare, bref des clients, pendant ses heures de travail ! Comment peut on oser avoir une telle attitude sur son lieu de travail ?
Manu me conseilla alors d’aller voir le chef de quai ou quelqu’un de possiblement responsable afin de lui en toucher un mot. Conseil que je suivis dès que le train de mon chouchou fut parti. Afin de savoir s’il y’avait un moyen de voir la direction, j’allais, d'abord, voir à l’accueil, ce que je devais faire. On me conseilla d’aller, sans attendre, au bureau d’accueil central déposer une plainte dans un cahier des réclamations prévu, en autre, à cet effet.
Par chance je rencontrais le chef de l’équipe d’accueil qui, alerté par ma requête et de manière très sympathique, me conseilla au mieux pour faire mon dépôt de plainte (sans être devin quelque chose me dit qu’il en était … ou alors était-il juste gentil et très ouvert, ce qui est en tout cas très bien ! Et surtout cela était rassurant après notre mésaventure !)
Le temps d’attendre que le livre revienne à l’accueil central, après être passé dans les services, je rédigeais donc ma plainte de la manière la plus précise possible. Le chef de l’accueil me promit de traiter ma demande de la manière la plus sérieuse possible et que je serais informé d’ici deux à trois semaines pas courrier de la suite qui a été donné à ma plainte.
Mais je ne souhaite pas en rester là. Déja, j'espère que ma demande ne sera pas prise à la légère, tout simplement, car même si nous n’avons pas été chahutés de manière véhémente, il n’est pas acceptable de laisser passer cela, sans quoi, ces types ou d’autres n’auront aucuns complexes à être plus extrêmes. Il est important, je crois, de tout mettre en œuvre pour lutter pour nos droits, pour notre liberté, et donc ne rien laisser passer afin que les personnes coupables d’actes d’homophobie ne puissent plus le faire impunément.
Je réfléchis aussi, sur les conseils d’autres personnes à aller plus loin dans cette affaire, en écrivant à la direction directement ou en me renseignant à la HALDE, mais en même temps comme il n’y a pas eu d’agression physique et que mon ambition est surtout de faire part de mon témoignage, afin que cela puisse permettre que ce genre de scène, même peu choquante à vivre, ne se reproduise pas, je souhaite avoir vos avis et vos conseils sur la question ! Je me dis qu'il est de notre devoir à tous de ne pas laisser passer ce genre de chose, car en réagissant on peut sauver indirectement quelqu'un de ce genre d'acte, si les gens prennent conscience de la gravité du geste et donc soient enclain à ne pas entreprendre d'acte homophobe eux-même.
C’est aussi pour cela que j’ai voulu en parler dans mon blog afin de partager cela avec vous ! Tout avis ou témoignage sera le bienvenue !
16/07/08 - 20:42
Edifiant...
Merci de votre courage a réagir
Il ne faut rien laisser passer.
totolino