Celui qui racontait son voyage en Californie - 8eme partie
Le soleil était radieux en ce mercredi matin sur la petite ville de Bridgeport en Californie. Les rayons de l’astre solaire venaient chatouiller les cimes enneigés qui entouraient de vastes prairies. La ville se réveillait doucement. Une atmosphère de quiétude planait sur la bourgade. Dans un des motels de la ville, quatre français se réveillaient sans savoir vraiment où ils étaient. Ils étaient arrivés de nuit la veille, car les routes qu’ils avaient voulues empruntés pour rejoindre le Yosemite Park étaient inaccessibles pour cause de neige. Ils avaient donc décidés de s’arrêter dormir dans une petite ville sur la route qui devait les conduire ensuite à San Francisco.
C’est en sortant de la chambre qu’ils purent découvrir le magnifique paysage qui les attendait, à mi chemin entre les alpes suisses et la petite maison dans la prairie. La journée commençait donc très bien et elle allait se poursuivre encore quelques heures en voiture.
Après être remonté jusqu'à Carson City, en passant par le lac Tahoe, puis en passant par Sacramento, nous arrivâmes à San Francisco vers quinze heures. Après avoir déposés les filles et les valises devant l’hôtel, Olivier et moi allâmes rendre la voiture auprès d’une agence du loueur Alamo non loin de là. En ressortant de l’agence, nous constatâmes sur la facture qu’ils avaient débité environ quarante dollars de trop, et qu’ils étaient indiquer qu’ils seraient rembourser sous peu. Nous fûmes un peu étonnés de voir qu’ils avaient plus débiter sans aucune raison et espérions vraiment que le remboursement se ferait très rapidement.
Subitement je me rappelais qu’il fallait appeler Delta pour la reconfirmation des vols retour :
« Au fait, Oliv’, il faudrait qu’on appelle de suite Delta car il faut que l’on confirme les vols retour » lui dis-je.
« Faut qu’on le fasse maintenant ? » me demanda t’il « Bon alors on va faire ça vite car les filles nous attendent »
« Pas de soucis j’ai le numéro dans mon lutin » lui indiquais-je.
Arrivés à une cabine je donnais à Olivier la carte de téléphone et commençais à chercher le numéro de téléphone de la compagnie.
« Bon alors tu le trouve ce numéro » m’interrogea Olivier.
« Euh bah non, attends » lui dis-je tout en continuant de chercher. « C’est curieux j’étais sûr qu’il était là, il a dû glisser ».
« Cherche encore … j’espère que tu l’as pas perdu » me dit-il.
« J’espère aussi, car sinon cela va être compliqué » lui répondit-je « A ça y’est ouf il est là on va pouvoir téléphoner ».
Je donnais le papier à Olivier qui se chargea de confirmer les vols retour auprès d’une télé opératrice de la compagnie. Une fois que cela fut fait, nous repartîmes vers l’hôtel.
Après avoir enregistré les chambres, nous nous y installâmes pour nous reposer un peu. J’avais réservé deux chambres pour six personnes en tout, puisque qu’Hugo et un ami à lui devait nous rejoindre dès lendemain matin. Pour la première nuit, les filles s’installèrent dans une chambre, et Olivier et moi dans l’autre. Chaque chambre était composée de deux lits doubles et décoré à l’image de l’hôtel où nous étions descendus. C’était le Ramada Plaza Downtown, un trois étoiles très charmant et très cosy. La décoration, très raffinée, était inspirée des années 50. Les plafonds étaient très hauts et le sol était couvert de moquette.
Olivier profita de cet instant de repos pour se boire une petite bière parmi les quelques boissons qu’il nous restait de la soirée du samedi soir à Los Angeles. Pour la rafraîchir un peu, il partit à la quête de glaçons, qu’il pût trouver dans un distributeur à proximité de la chambre. Le repos fût bien mérité et une fois changés les filles, Olivier et moi partîmes en direction du Civic Center prendre un Cable Car et nous rendre au Fisherman’s Wharf afin d’acheter nos tickets pour Alcatraz. Le temps était beaucoup moins clément que depuis le début de notre séjour. Il soufflait sur San Francisco un vent frais et les nuages s’amoncelaient au dessus de la baie. De tee-shirts a manche courtes, nous étions passés à des manteaux bien chauds, idéal pour tomber malade.

Le trajet en Cable Car nous donna un premier aperçu de la ville, construite sur sept collines et où montées et descentes se succédaient sans cesse. Je connaissais déjà bien la ville, que j’avais déjà visitée trois ans auparavant et donc je pus servir de guide à mes amis. Arrivés sur le Pier 39 du Fisherman’s Wharf, la température était encore plus fraîche. Nous déambulâmes un peu le long du Pier jusqu’au guichet de vente des tickets pour Alcatraz. Malheureusement, le guichet était déjà fermé et nous décidâmes d’y retourner dès le lendemain matin pour être sûr d’avoir nos places, car nous souhaitions prendre le dernier bateau du jour et être sur place la nuit tombante pour rajouter une atmosphère spéciale au lieu.

Avant de quitter le lieu, nous décidâmes de nous balader sur le Pier 39, sorte de centre commercial à ciel ouvert et tout en bois, d’y faire un peu de shopping et de rendre visite à mes amis les otaries, que j’imite fort bien !! Sur le côté gauche du Pier 39 sont rassemblés en moyenne une bonne centaine de « Sea Lions » en attente de se faire soigner. En cette période de l’année, sans doute celle de la reproduction concernant les otaries, ces derniers étaient particulièrement agîtés. Les gémissements venaient de tous les coins, on aurait cru qu’une cinquantaine de Dominique Farrugia s’étaient donnés rendez-vous là. Le spectacle était tout de même très attendrissant et malgré le froid, nous restâmes un petit moment à les contemplés. Puis nous décidâmes de rentrer à l’hôtel en tramway, puisque nous étions directs par ce biais là.

Arrivés à l’hôtel, nous allâmes à la réception voir s’il n’y avait pas un message d’Hugo. J’étais à peu prêt sur que non car bizarrement, j’avais le pressentiment qu’il ne viendrait pas à San Francisco. Déjà j’avais trouvé très curieux sa subite disparition le samedi soir précédent. Quelque chose avait semblé le tracasser. En plus de cela, nous savions que le petit ami d’Hugo n’était pas très chaud pour que celui-ci revoie Olivier. Bref, quelque chose ne semblait pas très clair et je comptais bien faire la lumière sur tout cela. Sans nouvelles d’Hugo, nous repartîmes de l’hôtel vers le Quartier de San Francisco sur Castro Street afin d’y dîner.
Une fois sur place, nous fîmes un petit tour du quartier. Celui-ci était essentiellement composé de restos, bars et sex shops. L’endroit était sympathique mais la largeur des rues et la configuration des boutiques rendaient le quartier moins charmant et moins chaleureux que notre marais parisien. La clientèle du coin était surtout composés de latinos ou wasps, et pourtant à part quelques exceptions, les mecs n’étaient pas très mignons, pas grand-chose d’intéressant à mater. Nous décidâmes de dîner dans une petite pizzeria au style très rococo. Dès que l’on rentrait dans ce restaurant, l’on avait aucun doute des préférences sexuelles de la clientèle et encore plus des serveurs. L’ambiance était cosy et très sympa. Nous dînâmes tranquillement. Nous profitâmes du dîner pour évoquer notre journée du lendemain et reparler d’Hugo qui ne donnait toujours pas de nouvelles. Vers vingt deux heures nous décidâmes de rentrer à l’hôtel à pied. Nous en avions pour une vingtaine de minutes, ce qui était bien suffisant pour digérer notre repas du soir. A l’hôtel toujours aucune nouvelle d’Hugo, nous décidâmes de regagner nos chambres et de ne pas nous coucher trop tard afin d’essayer de profiter le lendemain matin de la salle de sport.

Mais le lendemain personne n’arriva à sortir de son lit un peu plutôt que prévu pour aller faire du sport. La première partie du voyage avait été assez fatigante et nous avions tous besoin d’un peu de repos.
Pour cette journée de jeudi, nous avions prévus de retourner au Fisherman’s Wharf, visiter Chinatown et le Civic Center, déambuler un peu au gré des rues et faire un peu de shopping. Hugo devait lui aussi arriver dans la journée, aussi nous fîmes déposer un mot à la réception, à son attention lui expliquant à quelle nous attendre à l’hôtel.
« Je ne sais pas si c’est très utile car je ne pense pas qu’on le verra aujourd’hui » dis-je aux autres.
« Enfin on ne peut pas prendre le risque, et comme il a dit qu’il venait, on va faire comme si » me répondit Olivier.
« C’est vrai que c’est curieux qu’on est pas de news » s’étonna Audrey.
« Il aurait au moins pu nous dire qu’il ne voulait plus venir » repris-je.
« Peut être qu’il viendra demain » dis Marion.
« Espérons surtout qu’il ne lui est rien arrivé car c’est un peu curieux » s’inquiéta Olivier
« Oui ce ne serait vraiment pas cool çà » indiquais-je
« Enfin on va se faire du souci pour rien, s’il y avait eu quelques chose je pense qu’on aurait eu des nouvelles » dis Olivier
« Voyons tout à l’heure en rentrant » conclurent les filles.
Avant de commencer notre longue visite de la ville, il nous fallait un bon petit déjeuner copieux que nous allâmes trouver dans un grand « Lori’s Café » non loin de l’hôtel. Ce restaurant semblait tout droit sorti des années 50, tous les meubles, la déco et les serveuses, faisaient penser à cette époque. Sur la table où nous prenions notre petit déjeuner, trônait une belle bouteille géante de Tabasco à peine entamée, qui dès la fin du repas, glissa par mégarde dans la poche du blouson d’Olivier.
Une fois rassasiés, nous retournâmes au Fisherman’s Wharf acheter nos billets pour Alcatraz. Nous arrivâmes devant le guichet et Olivier se chargea de prendre les tickets. Finalement nous primes des billets pour le vendredi soir car pour le soir même il n’y avait plus de possibilités.
Dès la première mission du jour fût accomplit, nous primes le Cable Car qui nous amena sur la célèbre Lombard Street, une rue très tortueuse où les voitures roulent aux pas tellement la déclinaison de la rue est importante. Puis après un peu de marche nous arrivâmes dans Chinatown. San Francisco possède la plus forte communauté chinoise d’Amérique du Nord, puisque pas moins de cent milles personnes vivent dans ce quartier, et où toutes les inscriptions sont en langue chinoise. Le décalage est vraiment saisissant. Nous profitâmes de certaines boutiques de souvenir peu cher pour faire quelques emplettes.
Après ça, nous arrivâmes sur le Civic Center, afin de faire d’autres emplettes et notamment me concernant pour acheter des baskets toutes neuves au « Niketown ». Je réussis à trouver de superbes Nike Jordan en avant première, les fans de skets apprécieront !!
La journée fut bien remplie et nous ne boudâmes pas notre plaisir à rentrer nous reposer à l’hôtel avant de retourner dîner sur Castro. Nous n’avions toujours de nouvelles d’Hugo et personne n’avait retiré le papier qui lui était adressé à la réception. Bref Hugo et son ami continuaient à jouer à l’arlésienne.
« Bon et bien sachant qu’il ne nous reste plus que demain et samedi matin, et qu’en plus demain soir on va à Alcatraz, ca va être délicat pour passer du temps avec Hugo et son ami s’ils viennent » pensa Audrey.
« Oh bah tant pis pendant qu’on sera à Alcatraz, ils feront autre chose, ce sont des grands garçons » repris Olivier.
« Mouais bon de toute façon, pour moi c’est évident ils ne viendront plus, c’est tout de même bizarre » dis-je alors même que j’étais assez persuadé de la raison de ce soudain silence.
« Tu es sûr qu’ils ont pas eu un problème et qu’ils vont quand même essayer de venir » me demanda Marion.
« S’ils étaient venus ils seraient déjà là, pour moi il est évident que l’on va terminer notre séjour que tous les quatre » lui répondis-je
« Et bien tant pis, cela ne va pas nous empêcher de passer encore de bons moments » dis Olivier
« Oui, ca aurait été sympa, mais c’est ainsi » pensa Audrey.
« Bon et bien remontons dans nos chambres afin de ne pas ressortir trop tard. Vous voulez retourner dîner à Castro » demandais-je.
« Oui faisons comme çà, ca vous va les filles ? » interrogea Olivier
« Oh oui très bien, c’est comme vous voulez » dirent elles.
« Et sinon pour demain matin, vous êtes motivés pour la salle de sport » demandais-je aux autres dans l’ascenseur.
« Et bien nous je crois qu’on va laisser tomber et en profiter pour dormir une heure de plus » dis Audrey en demandant confirmation de Marion qui était du même avis.
« Et toi Olivier ? » repris-je.
« Pourquoi pas oui on verra demain matin, en fonction de la forme » dit Olivier « J’aimerais bien faire un peu d’exercice pour éliminer toute cette cuisine trop grasse et tous ces hamburgers »
Vers dix neuf heures nous prîmes le tramway pour Castro. Nous décidâmes d’aller dîner dans un restaurant qui s’appelle « Harvey » car de l’extérieur il nous faisait un peu penser à l’Open, bref ce café faisait parti des mythes du quartier gay de San Francisco.
Une fois installés nous consultâmes le menu.
« J’ai bien envie de prendre une salade pour changer » dis-je.
« Oh moi ce soir je vais plutôt obter pour quelque chose de plus gras » reprit Olivier.
Les filles hésitaient un peu et comme elles n’avaient pas trop faim, elles pensaient même prendre un plat pour deux. Finalement elles optèrent pour un plat chacun, mais du très léger.
Le serveur arriva à la table pour prendre commande. Lorsque ce fut mon tour je commandais ma salade au poulet. Le serveur me demanda si je voulais des frites ou des onions rings.
« Bah je prends une salade pourquoi il me demande çà » interrogeais-je les autres.
« Ca doit aller avec le plat, donc choisi » dit Olivier.
« Bon et bien frites alors » répondis je « enfin je vois pas trop là »
J’avais raison de m’étonner. Quelques instants plus tard, le serveur revint avec nos plats mais aucune trace de salade. A la place, une espèce de hamburger au poulet gras atterrît devant mon nez.
« Excusez moi mais ce n’est pas ce que j’ai commandé » interpellais-je le serveur.
« Si, si, j’en suis sûr c’est ce que j’ai noté » me répondit il.
« Peut être mais ce n’est pas ce que j’ai commandé, j’ai commandé une salade » dis-je un poil énervé.
« Ce n’est pas ce que vous m’avez dit monsieur » repris t’il.
« Je suis désolé, mais je ne mangerais pas ce plat, et j’aimerais que vous puissiez m’apporter ce que j’avais commander » lui dis-je.
« Si vous souhaitez un autre plat, il vous sera facturer » osa t’il me dire.
Je me leva brusquement et attrapais une carte que je lui mis sous le nez
« Vous plaisantez, il y a une différence entre ce que vous m’avez amener et ce que j’ai commandé, alors soyez honnête, assumez votre erreur et changez moi de plat » lui exigeais-je.
« Je ne peux pas changer, c’est ainsi » dit il.
« Ah oui vous le prenez comme çà, très bien, vous aurez une bonne surprise » lui aboyais-je en reposant la carte de manière ferme et en retournant m’asseoir.
« Bon aller, calme toi Oliv’ » me dit Olivier « Ce n’est qu’un con, il faut laisser tomber »
« C’est vraiment grave quand même, quelle mauvaise foi » dit Audrey
« Ouais, vouloir faire repayer le plat c’est pas cool » rajouta Marion.
« Ouais c’est vrai que c’est assez insensé et gonfler, c’est clair qu’on reviendra pas là » affirma Olivier.
« En tout cas je compte sur vous, pour ne lui laisser aucun pourboire, ca lui apprendra » repris je « Il faut qu’on arrive à laisser le prix de la note au centime prêt, tu vas voir qu’il va s’en souvenir des petits frenchies ce gros naze »
« Ah ouais c’est pas mal çà » dit Marion en rigolant
« Ok promis on fera çà » ajouta Audrey
« Aller sur ce mangeons dans la joie et l’allégresse » continua Olivier « Bois un coup ca te détendra ! »
Comme convenu au moment du paiement de la note, nous laissâmes le prix exact au centime prêt et sans attendre le serveur nous quittâmes le restaurant. J’étais vengé et avec l’argent économisé j’allais m’acheter ensuite une chemise très kitsch mais très sympa dans une boutique de fringue juste à côté. Le temps était encore plus frais que la veille et j’avais peur de couver un début de grippe.
Nous ne rentrâmes pas trop tard à l’hôtel. Hugo n’était bien sûr pas là. S’était il transformé en mirage ? Ou plutôt, y’avait t’il autre chose qu’il expliquait ce silence. J’eus la confirmation plus tard de se que j’avais ressenti, car j’étais bien placé pour y voir clair. Il semblait bien qu’il avait encore des sentiments pour Olivier, alors qu’il en a de réels pour son nouveau copain. Une confusion des sentiments qu’il a eu sans doute du mal à gérer et plutôt que de faire face, même s’il n’allait pas revoir Olivier avant un certain temps, il préféra ne pas se confronter une nouvelle fois à ce dilemme. Nos deux dernières journées américaines se firent donc sans lui.